"L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible."
Conférence d'Anne-Sophie PETIT-EMPTAZ
du 25 février 2026
Anne-Sophie PETIT-EMPTAZ, Docteur en littérature, passionnée de littérature et culture germaniques, a, toute jeune, été touchée par la peinture de Paul KLEE. Elle a soutenu en 1986 une thèse dans laquelle elle a questionné la nature de l’œuvre de l’artiste pour la qualifier d’œuvre poétique. On trouve en effet, dans la peinture de KLEE, les caractéristiques et les figures de la poésie moderne ; des signes multiples témoignant d'un désir d'écriture poétique. L’écriture de poèmes, les rapports poésie œuvre plastique et l'interaction du pictural et du poétique révèlent, selon elle, que Klee va au-delà de l'œuvre picturale.
Anne-Sophie a d’abord rappelé quelques éléments biographiques et sources d’inspiration du peintre : Paul Klee est né en Suisse. L’enfance de l’artiste est baignée dans la musique, son père étant professeur et sa mère cantatrice. Le jeune garçon pratique le violon. Si la musique est sa première vocation, la peinture l’attirera encore davantage.
En 1898, Klee s’installe en Allemagne. Il entreprend des études d’art. Pour se former, suivant la tradition, il voyage. Il est ébloui par les couleurs et la lumière de la Tunisie, de l’Italie et aussi du Sud de la France. À l’occasion d’une exposition, il découvre Van Gogh et Cézanne. A Munich, il connaît les membres de Blaue Reiter, emmenés par Kandinsky
Anne-Sophie, à partir d’une œuvre de Paul Klee et en faisant les liens avec différentes œuvres (cf Présentation ci-dessous) a montré combien sa peinture, la plus flatteuse, faite de couleurs et de symboles coexiste avec des œuvres plus sombres et plus complexes, nous amenant à un artiste mystique, fasciné par la magie de la nature mais ne reproduisant pas d’une manière illusionniste le réel. L’art est, pour Klee, un moyen d’accéder à une vérité insondable, plus profonde que la surface visible des choses.
Nommé professeur au Bauhaus après la guerre, Klee se rend en Égypte au cours de l’année 1929 et expose beaucoup. En Allemagne, son œuvre est décriée par les nazis qui interdisent sa peinture. Il part s’installer en Suisse. Au cours des années 1930, une maladie incurable se déclare et Klee se voit condamné. Il décède en 1940, trois ans après que les nazis aient présenté 17 de ses œuvres dans l’exposition « L’Art dégénéré » à Munich.